La danse extatique : vers un lâcher-prise et une expression de soi

Qu’est-ce que la danse extatique ?

Dans un monde où le quotidien est souvent rythmé par le stress et la déconnexion de soi, la danse extatique offre un espace de retour à l’essentiel : un moment pour écouter son corps, exprimer ses émotions et vivre le présent sans jugement. C’est une invitation à réenchanter le rapport au mouvement, en le considérant non comme une performance, mais comme une célébration de la vie et de la connexion humaine.

Un peu d’histoire pour commencer:
On retrouve des variations de danse extatique à travers les siècles et les cultures, mêlant mouvement libre, musique rythmique et quête de transe.
Dès l’Antiquité, elle était associée à des rituels sacrés ou chamaniques, comme ceux des ménades (adoratrices de Dionysos en Grèce antique) ou des Corybantes, danseurs armés voués à la déesse Cybèle. Ces danses, souvent accompagnées de percussions, visaient à atteindre un état modifié de conscience, que ce soit par la répétition des mouvements, le jeûne, ou parfois l’usage de substances hallucinogènes. Leur but : sortir de soi, percevoir des messages divins ou se connecter à une dimension spirituelle supérieure.

On en retrouve dans le soufisme Mevlevi en Turquie également. La danse giratoire des Derviches tourneurs (sema) est un rituel sacré visant l’union avec le divin. Cette pratique utilise des mouvements circulaires, une respiration contrôlée et une musique hypnotique (flûtes ney, tambours kudüm) pour induire un état de transe méditative. Les danseurs, vêtus de robes blanches, tournent sur eux-mêmes jusqu’à atteindre une forme d’extase spirituelle, symbolisant la dissolution du moi et la fusion avec l’univers.
Le Candomblé au Brésil est une religion afro-brésilienne issue de la diaspora africaine. Le Candomblé intègre des danses extatiques lors de ses cérémonies, dans lesquelles les fidèles, accompagnés de tambours (atabaques) et de chants, entrent en transe pour permettre à leurs divinités tutélaires (Orixás) de les « posséder ». Ces danses, appelées xirê, sont considérées comme un moyen de communication avec le sacré et de guérison collective
Au XVIIIè siècle, les Shakers aux États-Unis d’Amérique, intégraient des transes collectives dans ses cérémonies. Les Shakers dansaient en cercle, secouant leurs corps pour chasser le péché et atteindre un état de pureté spirituelle. Leurs danses, souvent accompagnées de chants et de percussions, visaient à libérer l’esprit et à créer une harmonie.

Plus récemment dans les années 1970, la danseuse et thérapiste Gabrielle Roth a relancé cette tradition en créant les 5Rhythms (une pratique structurée en cinq phases : Flowing, Staccato, Chaos, Lyrical, Stillness) inspirée du chamanisme, de la Gestalt-thérapie et des philosophies orientales. Son approche a ouvert la voie à des variantes modernes comme l’Ecstatic Dance (Hawaï en 2001, puis popularisé à Oakland en 2008). 

Cette danse plus contemporaine, plus sobres et sans consommation de substance, se pratique dans un esprit thérapeutique ou communautaire, plutôt que religieux. Elles invitent à un lâcher-prise par le mouvement libre, sans chorégraphie imposée, pour atteindre un état de pleine conscience et de connexion avec soi et le groupe.

On observe aussi des similitudes avec les raves ou les danses libres en festival, où la musique électronique et les rythmes répétitifs favorisent une forme de transe collective.

La danse extatique moderne :

Ces pratiques, bien que différentes, partagent un même objectif : libérer le corps et l’esprit pour favoriser une connexion profonde — avec soi-même, les autres, ou une dimension transcendante. La danse extatique agit comme une méditation en mouvement. Elle permet de dépasser les limites de la conscience ordinaire, offrant une expérience à la fois individuelle et collective, où le corps devient un vecteur de transformation spirituelle et émotionnelle.

La danse extatique telle qu’elle est pratiquée aujourd’hui (par exemple à Zéro Gravité) se distingue par son cadre sobre et intentionnel, axé sur le bien-être et l’expression authentique.
La danse extatique a entre-autre pour but une réduction du stress et de l’anxiété, grâce à la libération des tensions corporelles et émotionnelles; un renforcement de la confiance en soi et de la connexion à son corps, par l’absence de jugement et la liberté de mouvement; une amélioration de la santé cardiovasculaire et de la souplesse, grâce à l’activité physique intuitive; une expérience de « dissolution du moi », où la conscience individuelle s’efface au profit d’une fusion avec la musique, l’énergie collective et le moment.
En somme, la danse extatique est bien plus qu’une simple activité physique : c’est un rituel moderne de reconnexion, une méditation active et un outil de transformation personnelle, accessible à tous, sans besoin de compétence technique.

Comment se déroule une séance ?

Une séance typique commence par un accueil et une présentation des artistes ou facilitateurs, suivis d’un échauffement pour entrer dans le mouvement. Vous entrerez dans la matière en vous échauffant doucement. Puis vous pourrez vous laisser guider par les sons et les musiques jouées par Les Sistaz ( DJ Fränz et Reg Ina), un mélange harmonieux entre musique électronique et percussions live. Leurs énergies vous guideront au fil du rythme et de vos émotions, jusqu’à atteindre un état de lâcher-prise et de pleine conscience, et peut-être ce fameux état de transe !

Finalement, toutes ces manières d’explorer la danse sous ses formes les plus libres révèlent une quête intemporelle : celle de dépasser les frontières du corps et de l’esprit pour toucher l’essentiel. Qu’elle soit rituelle, spirituelle ou simplement thérapeutique, cette pratique rappelle que le mouvement, lorsqu’il est libre et intentionnel, devient un outil puissant de reconnexion à soi et aux autres. C’est ce que nous cherchons à mettre en avant à Zéro Gravité !  Voyez-y un signe pour rejoindre cet atelier de danse libre guidé par Les Sistaz, et vous laisser emporter par le rythme de leur musique pour exister en pleine conscience !


Photo 1 : Bas-relief de ménade, Musées du Capitole Mark Cartwright (CC BY-NC-SA)
Photo 2 : La danse extatique des dames du club de gym de Birmenstorf. Photo: collection du club sportif TISV Birmenstorf
Photo 3 : Les Sistaz

Sources :
Eugster, D. (2018). Danses extatiques : La vie au village après 1968. Éditeur.
La danse dans la Grèce antique. (2024, novembre 1). Dans World History Encyclopedia. https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-19269/la-danse-dans-la-grece-antique/
Danse extatique. (s. d.). Dans Wikipédia. Consulté le 23 février 2026. https://fr.wikipedia.org/wiki/Danse_extatique
Plein Soleil. (s. d.). Ecstatic Dance Club in Montreal. https://www.pleinsoleil.club/
L’ecstatic dance ou quand la danse cherche la transe. (2024, décembre 31). Le Monde des Religions. https://www.lemonde.fr/le-monde-des-religions/article/2024/12/31/l-ecstatic-dance-ou-quand-la-danse-cherche-la-transe_6475958_6038514.html

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